Je rebondis sur ce drame d'Apollo 1, sur la dangerosité du programme, sur la prise de conscience de l'opinion publique et sur les remèdes apportés
Le directeur des vaisseaux spatiaux, Joe Shea, a reconnu devant les membres de la commission d'enquêtes plus de 20 000 pannes. Le directeur du programme Apollo, John Shhinkle, a affirmé que "la moitié du travail d'ingénierie n'avait pas été effectuée" à cause de la course pour respecter les délais imposés par le contexte politique. Et le directeur des opérations de lancement, Rocco Petrone, a raconté à la presse que le vaisseau Apollo, n'était pas autre chose qu'un "tas de boulons inacceptable".
La grande force de la Nasa a été de se remettre en cause. Une révision en profondeur du programme a été entreprise (coût : 500 millions de dollars supplémentaires). Pendant 2 ans, la NASA a fait étudier et modifier, tous les systèmes des différents modules. Puis elle les fait vérifier, modifier encore, tester à nouveau, revérifier, retester etc...
Le directeur des vols, Chris Kraft, témoignera des années plus tard : "Nous sommes impardonnables d'avoir permis que cet accident se produise. Mais d'un autre côté, nous ne serions probablement arrivés sur la Lune que bien plus tard. A cause de cet accident, nous avons considérablement modifié le module de commande et le module lunaire. Avec tous les problèmes de systèmes que nous avons eus, nous aurions eu toutes sortes d'ennuis pour aller sur la Lune. "[/size]
Le programme était effectivement dangereux (3 morts) mais le risque, surtout après le drame Apollo1, calculé et connu aussi bien des responsables politiques que de l'opinion publique.
Ce qui, d'ailleurs, à mon avis, a contribué au formidable suspens et succès accompagnant le vol Apollo 8 (on tourne autour de la Lune et on en revient) puis Apollo 11 (on se pose, on redecolle, on réussit le rendez-vous orbital lunaire c-a-d 3 moments cruciaux, boy!).
Ensuite, l'intérêt du grand public est retombé. Il a fallut le problème Apollo 13 en cours de route pour que les télespectateurs se scotchent à nouveau devant leurs écrans pour savoir si l'équipage allait être sauvé et comment.
Bref, j'ai bien peur qu'un peu de danger ne soit nécessaire à l'attrait de l'exploration spatiale.