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 Parcours de Robert Zubrin

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Argyre




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MessageSujet: Re: Parcours de Robert Zubrin    Parcours de Robert Zubrin  - Page 2 EmptyLun 27 Aoû 2018 - 18:22

noureddine2 a écrit:
Argyre a écrit:

Pour l'atterrissage sur Mars d'un gros module, les ingénieurs ont déjà proposé plusieurs concepts réalistes. 

Peux tu donner des liens qui parlent de ces concepts réalistes?

Oui, bien sûr :
Voici une présentation extraite d'un rapport NASA qui résume bien les choses :
https://ntrs.nasa.gov/archive/nasa/casi.ntrs.nasa.gov/20100017668.pdf

Et sinon, de la biblio :
B. Steinfeldt, J. Theisinger, A. Korzun, I. Clark, M. Grant, and R. Braun, High Mass Mars Entry, Descent, and Landing, Architecture Assessment, Proc. of the AIAA Space 2009 Conference and Exposition, AIAA 2009-6684, Pasadena, CA, 14-17 September 2009.
J. Cruz, A. Cianciolo, R. Powell, L. Simonsen, R. Tolson. Entry, descent, and landing technology concept trade study for increasing payload mass to the surface of Mars. 4th International Symposium on Atmospheric Reentry Vehicles and Systems, Arcachon, France, 2005.
G. Drake ed., Mars Architecture Steering Group, 2nd Addendum of the Human Exploration of Mars, Design Reference Architecture 5.0, NASA Johnson Space Center, 2014.
J.A. Christian, K. Manyapu, G.W. Wells, J.M. Lafleur, A.M. Verges and R.D Braun, Sizing of an Entry, Descent, and Landing System for Human Mars Exploration, Journal of Spacecraft and Rockets, Vol. 45, No. 1, pp. 130-141, Jan-Feb, 2008

A noter que si on réduit à 2 ou 3 astronautes, pas obligé de prendre un "inflatable", ça doit passer avec un bouclier thermique rigide classique, semblable à ceux utilisés dans les missions robotiques (plus grand bien sûr, mais jusqu'à 10 ou 12 mètres de diamètre). Ou alors rigide mais qu'on peut déplier :
T. Pichon, M. Lacoste, and R. Barreteau and T.E. Glass, Integrated Thermal Protection Systems and Heat Resistant Structures, proceedings of the IAC, IAC-06-D2.5.09, Valencia (Spain), 2006.
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noureddine2


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MessageSujet: Re: Parcours de Robert Zubrin    Parcours de Robert Zubrin  - Page 2 EmptyLun 27 Aoû 2018 - 23:43

Je regarde les projets des missions habitées vers Mars 
http://salotti.pagesperso-orange.fr/missiontomars.htm
Je vois que l'atterrisseur  pèse à peu près  20 tonnes alors qu'aujourdh'hui on ne dépasse pas encore 1 tonne , 
Je pense qu'il faut aller progressivement en évoluant à 2 tonnes , 3,4,....etc jusqu'à  20 tonnes .
Et progressivement on va résoudre les problèmes rencontrés pendant cette progression vers 20 tonnes .
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Ripley




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MessageSujet: Re: Parcours de Robert Zubrin    Parcours de Robert Zubrin  - Page 2 EmptyMer 31 Juil 2019 - 16:12

Entretien de R. Zubrin pour le dossier " Nouveau départ pour la course à l'espace" du "Spectacle du monde", supplément mensuel de l'hebdo "Valeurs actuelles du 25 juillet 2019", titré " Pourquoi aller sur Mars ? La science, le défi et l'avenir " :

- Q1 -¨Pour quelles raisons faut-il envoyer des êtres humains sur Mars ?
- RZ : Je pense à trois raisons : la science, le défi et l'avenir. Commençons par l'aspect scientifique. L'envoi d'êtres humains sur Mars nous aiderait à évaluer les chances d'apparition d'autres formes de vie dans l'univers. Si l'on s'en tient à la théorie, la vie apparaît lorsque les conditions chimiques et physiques sont réunies. Mars était autrefois une planète chaude et humide. Elle a ressemblé à notre planète pendant une période de temps plus longue que celle dont la vie a eu besoin pour apparaître sur Terre après que la température eut suffisamment diminué pour avoir de l'eau liquide. Par conséquent, si la théorie est vraie, la vie aurait dû également apparaître sur Mars.
          Mais la question va beaucoup plus loin. Ce qui nous intéresse, c'est d'en savoir plus sur les formes de vie. Sur Terre, toutes les formes de vie sont identiques au niveau biochimique dans le sens où elles ont toutes recours à l'ARN et à l'ADN. Elles partagent toutes le même alphabet. Si l'on trouve de la vie sur Mars, cela nous aidera à comprendre si la vie terrestre basée sur l'ARN et l'ADN constitue le système possible ou bien si nous représentons qu'un exemple parmi tout un ensemble de modèles, une infinité de possibilités. Pour ce faire, les sondes ne suffisent pas. il faut envoyer des hommes et des femmes sur Mars, il faut forer, il faut faire remonter les eaux souterraines, celles qui accueillent des organismes. Cela nous permettrait de les examiner, d'étudier leur forme de vie, de mener des analyses biologiques, de savoir s'ils recourent à l'ARN et à l'ADN ou bien s'ils sont différents des formes de vie terrestres.. C'est une étape essentielle. Si on arrive à trouver une autre origine de la vie, cela prouvera que la vie peut apparaître spontanément partout où les conditions sont réunies.
          Ensuite, il y a le défi en soi. Au moment de lancer le programme lunaire, John F. Kennedy avait déclaré : " Nous choisissons d'aller sur la Lune[...] et de faire d'autres choses, non parce qu'elles sont faciles, mais parce quelles sont difficiles". Je pense que les sociétés sont comme les individus. Elles grandissent quand elles se lancent un défi et stagnent dès lors qu'elles se contentent de ce qu'elles ont. J'avais 17 ans quand l'homme est allé sur la Lune. Tout le monde se disait " Il faut prendre part à cette grande aventure ". Lorsqu'on fait de la science une grande aventure, on pousse beaucoup d'enfants dans la filière scientifique. C'est ce qui s'est passé et le nombre des diplômés en science a plus que doublé au cours des années 60. Certains ont choisi de travailler dans le secteur spatial cheers mais la grande majorité a pris un autre chemin, celui de la Silicon Valley, contribuant ainsi à la révolution informatique. C'est comme ça que tout a démarré.
          Enfin, il y  l'avenir, celui que l'on veut créer. Si nous parvenons à mettre le pied sur Mars, il y  aura d'ici à cinq cents ans de nouvelles branches de notre civilisation sur Mars et sur d'autres planètes de cette région de la galaxie, de nouvelles cultures, de nouvelles sociétés, de nouvelles formes d'organisation politique, de nouvelles langues, de nouvelles littératures, de nouvelles contributions à la science et à la technologie...Cela fait partie de ce qu'on peut créer. Et quand on a les moyens de créer quelque chose d'important et de merveilleux, il faut le faire.

- Q2 - Qu'est-ce qui rend cette aventure plus envisageable aujourd'hui qu'elle ne l'était par le passé ?
- RZ : Le principal facteur, c'est la révolution du spatial privé intervenue au cours des dix dernières années. La Nasa et son homologue soviétique avaient fait de grandes choses dans les années 60. En une décennie, on a réussi à atterrir sur la Lune en partant de rien. ensuite, la Nasa a délaissé son rôle pionnier et s'est mise à naviguer à vue. C'est ainsi que la technologie spatiale a connu une évolution très lente de 1970 à 2010. Prenez le coût d'un lancement spatial. En quarante ans, il n'a jamais baissé alors alors qu'il a été divisé par cinq au cours des dix dernières années, passant de 10000 à 2000 d'US $ par kilogramme. C'est notamment la conséquence du travail effectué par l'initiative Space X. Mais tel n'est pas le seul enseignement de cette aventure. En effet, Space X a également démontré que n'importe quelle entreprise correctement gérée était capable de mener à bien des projets autrefois réservés aux gouvernements des grandes puissances. de le faire dans des délais trois fois plus courts et à un coup trois fois moindres. Elle a également réussi des choses qui étaient jusque là considérées comme impossible. notamment la mise au point des véhicules de lancement réutilisables qui reviennent se poser sur leur plate-forme. Cela a créé un appel d'air dans lequel se sont engouffrés nombre d'entrepreneurs séduits par cette nouvelle course à l'espace. Derrière les précurseurs Elon Musk, Jeff Bezos et Richard Branson, ce sont maintenant des investisseurs plus modestes qui jouent leur carte. Prenez l'exemple de la Nouvelle-Zélande, qui fait désormais partie des pays qui sont allés dans l'espace. il ne s'agit pas d'un projet gouvernemental, mais de l'entreprise privée " Rocket Lab ", qui a investi 300 millions d' US$ pour lancer des satellites, ce quelle réussit fort bien en ce moment. D'autres start-up développent leur propre système de lancement en Chine et en Ukraine, et je ne serais pas surpris d'apprendre que des sociétés similaires travaillent en France et en Allemagne sur des projets comparables. Tout cela conduira à une accélération de la baisse du prix des lancements. Cette nouvelle donne devrait continuer à débrider les concepteurs de satellites, qui ne seront plus tenus par le risque financier. In fine, cela ouvrira des pistes d'innovation technologique dans le domaine spatial.

- Q3 - Par quelles étapes devra-t-on passer avant de lancer une mission sur Mars ?
- RZ : La première est déjà à l'œuvre. I l s'agit de développer des lanceurs lourds réutilisables, un projet sur lequel Elon Musk travaille actuellement. Ensuite, il faut développer un étage de fusée permettant d'atteindre une orbite de transfert vers Mars, ce qui s'avère assez simple. Le S-IVB, qui était utilisé en tant que troisième étage de la fusée Saturn V, ferait très bien l'affaire. Ce qur quoi il faut vraiment travailler, c'est sur un atterrisseur lourd pouvant se poser sur la surface martienne. Le véhicule le plus avancé dont nous disposions aujourd'hui, c'est le Curiosity, qui a permis de poser au moins dix tonnes sur Mars, voire 20. Si l'on dote le vaisseau interplanétaire d'Elon Musk ou le SLS ( Space Launch System, le lanceur lourd développé par la Nasa) de l'étage supérieur adéquat, on pourrait envisager le lancement vers Mars d'un véhicule d'une quarantaine de tonnes, ce qui permettrait d'expédier un atterrisseur de 20 tonnes. Il y a un peu de travail d'ingénierie, certes, mais ce n'est pas comparable à ce qui a était fait dans le laboratoire américain de Los Alamos, en 1943, lorsque l'on essayait de développer la première bombe atomique et que l'on explorait des territoires physiques inconnus. En effet, il ya moins d'innovation à prévoir que pour la conception de l'atterrisseur de 1 tonne, compte tenu du point de départ actuel
          Une fois que l'on disposera  d'un atterrisseur de 20 tonnes, l'étape suivante consistera à envoyer sur Mars une armée de robots explorateurs. On pourrait y expédier une vingtaine ou une trentaine de robots à la fois, portants différents instruments. Cela permettrait d'explorer la région, de tester des technologies d'extraction de l'eau du sol martien en vue de créer du propergol, de prendre des photos haute définition, etc. On pourrait même utiliser cet atterrisseur pour établir un poste avancé susceptible d'accueillir les êtres humains arrivant sur place. Cela constituerait également un bon cadre d'entraînement pour l'atterrisseur lourd, qui deviendrait ainsi plus fiable. resterait donc le dernier élément, le véhicule d'ascension, qui devra être capable de mettre en orbite un vaisseau spatial habité depuis la surface martienne. Une fois que l'on disposera de ces équipements, on aura en théorie tout le nécessaire pour aller sur Mars. Smile

- Q4 - Pensez-vous que l'opinion publique est prête à accepter les risques qui accompagnent l'envoi d'un équipage vers des terres aussi éloignées, qui plus est dans un environnement hostile ?
- RZ : Bien évidemment. je ne crois pas que l'opinion publique ait le moindre problème avec ce genre de risques. La question de la fermeture du programme de la navette spatiale américaine après la désintégration de Challenger en 1986 a semé la panique dans la classe politique, mais on n'a entendu aucun Américain s'exclamer : " Mon Dieu, vous avez tué sept astronautes, il faut arrêter le programme de vols spatiaux habités de toute urgence ". C'est même tout le contraire : les gens ont considéré que l'on trahirait la mémoire des astronautes en prenant cette décision.

- Q5 - Dans le cas d'êtres humains sur Mars, les scientifiques s'inquiètent des problèmes physiologiques, de l'exposition aux rayonnements, à l'apesanteur pendant une période prolongée, etc. Comment traiter ces questions ?
- RZ : Le principal problème vient de l'apesanteur. Les gens se focalisent sur le rayonnement, mais les principaux effets que l'on a identifié sur la santé dans l'espace ne sont pas liés aux rayonnements mais à l'apesanteur. Certes, ils sont tolérables, puisque les astronautes passant six mois dans l'espace s'en remettent une fois qu'ils reviennent sur Terre. Toutefois, ils ne sont pas pour autant souhaitables. Mais on peut faire pivoter le vaisseau spatial sur le chemin de Mars pour éviter les effets. Quant aux rayonnements, ils ne représentent qu'une part infime du risque.
          Enfin, il y a le risque psychologique. Car ce que vivent les astronautes enfermés dans un vaisseau spatial pendant quelques mois est autrement plus pénible que nos vies quotidiennes. Néanmoins, ce n'est en rien comparable avec ce que des millions d'anonymes ont vécu pendant la Seconde Guerre mondiale ou ce que subissent les prisonniers ou les réfugiés. il faudra bien évidemment procéder à une sélection très rigoureuse pour éviter les individus problématiques, mais le bon profil existe.

- Q6 - Les Américains ont lancé un projet visant à établir une base sur la Lune devant servir ensuite de point de départ vers Mars. Qu'en pensez-vous ?
- RZ : A mon sens, le plus intéressant, c'est que Donald Trump a indiqué vouloir aller sur la Lune d'ici 2024. Ainsi, la mission sera réussie si les Américains y parviennent avant une date donnée. Cela signifie qu'il faudra faire preuve de discernement et annuler les missions qui ne sont pas indispensables au projet. Apollo a marché parce que Kennedy avait fixé une date limite.
         Mais ce n'est pas un projet bien conçu pour envoyer des hommes sur la Lune et encore moins sur Mars. On n'a pas besoin de ce "Lunar Gateway" (future station spatiale devant orbiter autour de la Lune) pour aller sur la Lune., ni pour aller sur Mars. Il s'agit d'un projet conçu autour des intérêts des équipementiers et non d'un objectif scientifique précis. On est en train de faire quelque chose pour dépenser de l'argent, au lieu de dépenser de l'argent pour faire quelque chose. Le plan de la Nasa requiert plusieurs lancements du SLS pour construire le Gateway, puis un autre à chaque fois que l'on veut envoyer des astronautes à bord avec le vaisseau Orion, puis à chaque fois que l'on a besoin d'un atterrisseur. On va donc dépenser plusieurs milliards de dollars pour aller sur la Lune de temps en temps et cela nous empêchera d'avancer sur les projets qui importent vraiment. Cool
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MessageSujet: Re: Parcours de Robert Zubrin    Parcours de Robert Zubrin  - Page 2 EmptyMer 31 Juil 2019 - 17:34

Je ne partage pas son optimisme, mais il faut le lire, c'est une référence.*
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MessageSujet: Re: Parcours de Robert Zubrin    Parcours de Robert Zubrin  - Page 2 EmptyJeu 1 Aoû 2019 - 7:11

Très intéressant ces propos de Robert Zubrin sur l’état actuel du spatial et de son avenir supposé.
Retenons son raisonnement qui se tient plutôt que des sentiments comme l’optimisme ...ou le pessimisme car l’avenir restera toujours devant nous et personne est devin.
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MessageSujet: Re: Parcours de Robert Zubrin    Parcours de Robert Zubrin  - Page 2 EmptyJeu 1 Aoû 2019 - 12:29

Les raisons pour envoyer un homme ou une femme sur Mars sont infiniment discutables.
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